En bref
ufotable est le studio japonais qui anime Demon Slayer depuis 2019, série et films. Fondé en octobre 2000 à Tokyo par le producteur Hikaru Kondô, il s’était fait connaître avec Kara no Kyôkai et les adaptations de Fate. Sa signature : un dessin à la main fondu dans un compositing numérique très travaillé, avec la lumière, la fumée et les effets de souffle ajoutés couche par couche. Le studio fait presque tout en interne, entre Tokyo et Tokushima, ce qui explique la qualité constante de Demon Slayer d’une saison à l’autre.
Au sommaire
Le nom revient au générique de chaque épisode, juste avant le titre : ufotable. Pour beaucoup de fans, c’est le studio qui a transformé un manga déjà populaire en phénomène mondial. Les vagues du Souffle de l’Eau, les flammes de Rengoku, la nuit où Tanjiro et Nezuko ont affronté Rui : tout ce dont on se souvient à l’écran passe par ses ateliers.
Voici qui se cache derrière ce nom, ce que le studio avait fait avant Demon Slayer, comment il travaille, et pourquoi son animation ne ressemble à aucune autre. Pour replacer chaque saison dans l’histoire, notre page Demon Slayer dans quel ordre, saisons et films reprend tout dans l’ordre.
Qui est ufotable ?
ufotable est un studio d’animation japonais fondé en octobre 2000 par Hikaru Kondô, un producteur passé par Telecom Animation Film. Le nom a une origine inattendue : en réfléchissant à son futur studio, Kondô tombe sur une table en forme de soucoupe volante. Il l’achète, et le studio s’appellera ufotable, la table OVNI, écrit en minuscules.
Le siège est à Tokyo. En 2009, le studio ouvre une seconde base à Tokushima, sur l’île de Shikoku, la région d’origine de ses fondateurs. Une partie de l’animation de Demon Slayer y est dessinée, loin de l’agitation de la capitale.
Le studio travaille main dans la main avec Aniplex, qui produit la série, et Shueisha, l’éditeur du manga. Mais c’est chez ufotable que tout prend forme : la mise en scène, le dessin, les effets, la lumière et la 3D.
Une table en forme de soucoupe
Le nom du studio vient d’une vraie table en forme d’OVNI, que son fondateur a achetée en imaginant son projet.
Avant Demon Slayer, Fate et Kara no Kyôkai
Avant de croiser Tanjiro, ufotable s’est fait un nom auprès des amateurs d’animation avec des œuvres sombres et spectaculaires. À partir de 2007, il adapte au cinéma Kara no Kyôkai, une série de romans de Kinoko Nasu. Viennent ensuite Fate/Zero en 2011, Fate/stay night: Unlimited Blade Works en 2014, puis la trilogie de films Heaven’s Feel, de 2017 à 2020.
Le studio anime aussi des adaptations de jeux vidéo : God Eater en 2015, puis Tales of Zestiria the X en 2016, réalisé par Haruo Sotozaki, le futur réalisateur de Demon Slayer. Ces années forment une équipe habituée aux combats de nuit, aux armes qui brillent et aux effets lumineux superposés.
Le tableau reprend les grandes œuvres du studio, de ses premiers films à aujourd’hui.
| Œuvre | Années | Ce qu’elle a appris au studio |
|---|---|---|
| Kara no Kyôkai, films | 2007 à 2013 | Les combats de nuit et la mise en scène de cinéma |
| Fate/Zero, série | 2011 et 2012 | Les duels d’armes lumineuses, plan par plan |
| Fate/stay night: Unlimited Blade Works, série | 2014 et 2015 | Les effets superposés à grande échelle |
| God Eater, série | 2015 et 2016 | Les monstres en 3D fondus dans le dessin |
| Tales of Zestiria the X, série | 2016 et 2017 | Haruo Sotozaki déjà à la réalisation |
| Heaven’s Feel, trilogie de films | 2017 à 2020 | Les ombres, la pluie et la lumière de cinéma |
| Demon Slayer, série et films | depuis 2019 | Le succès mondial |
Quand l’adaptation de Demon Slayer est annoncée, les connaisseurs savent à quoi s’attendre. Le reste du public le découvre en avril 2019, épisode après épisode.
Un studio qui garde tout sous son toit
Dans l’animation japonaise, il est courant de confier une partie du travail à des sociétés extérieures : dessins intermédiaires, couleurs, décors, parfois des épisodes entiers. ufotable fait l’inverse. Le studio réunit sous le même toit ses animateurs de Tokyo et de Tokushima, son équipe 3D, ses peintres de décors et son département de compositing.
Ce choix coûte du temps, mais il donne une chose rare : une qualité qui ne s’effondre pas au milieu d’une saison. Dans Demon Slayer, il n’y a pas d’épisode « raté » qui fasse rire les forums, ce qui arrive souvent quand une série doit tenir un rythme hebdomadaire.
Le revers, c’est la patience. Les saisons sont espacées, et chaque arc demande des mois de travail. Pour les fans, l’attente fait partie du rituel : on sait que la suite sera à la hauteur de la précédente. Notre article sur le nombre de saisons de Demon Slayer retrace ce calendrier, du premier épisode à la Forteresse infinie.
Le compositing, la signature du studio
Le mot revient dans toutes les analyses du style ufotable. Le compositing, c’est l’étape où l’on assemble les personnages dessinés, les décors peints et les effets numériques en une seule image. Chez ufotable, cette étape est confiée à une équipe dirigée par Yûichi Terao, et elle pèse autant que le dessin lui-même.
Concrètement, chaque plan est construit par couches. Les personnages restent dessinés à la main. Par-dessus viennent la lumière qui coule sur un visage, la fumée qui sort d’une bouche dans le froid, les étincelles d’une lame, la profondeur de champ qui floute l’arrière-plan comme le ferait une caméra. Le résultat a la chaleur d’un dessin et le relief d’un film.
C’est ce qui donne aux combats de Demon Slayer leur éclat. Une lame qui fend la nuit laisse une traînée lumineuse, une explosion éclaire les visages de biais, la neige accroche la lueur des lanternes. Vous ne le remarquez pas forcément, mais votre œil le sent.
Ce principe de couches superposées, vous le retrouvez sur notre cadre lumineux : plusieurs plans d’illustration décalés et rétroéclairés, qui donnent du relief à Tanjiro et aux Piliers. Il est rangé dans la collection des lampes et veilleuses et parmi les décorations Demon Slayer.

Cadre lumineux 30 x 40
Couches d’illustration superposées et rétroéclairées, Tanjiro au centre dans un cercle de feu, les yeux de Muzan au-dessus.
Voir le produit · 79,90 €Le Souffle de l’Eau, des estampes à l’écran
La première technique de Tanjiro est aussi la première grande réussite visuelle de la série. Pour le Souffle de l’Eau, Haruo Sotozaki raconte s’être inspiré des estampes japonaises anciennes, et les vagues de Tanjiro rappellent celles de Hokusai. Trouver le bon rendu a demandé de nombreux essais sur l’épaisseur des traits, menés avec Yûichi Terao.
Selon Yûma Takahashi, le producteur de la série chez Aniplex, ces vagues sont presque entièrement dessinées à la main, avec un peu de 3D seulement au moment de l’assemblage. Le contraste entre la vague stylisée, presque graphique, et le reste de l’image, plus réaliste, est ce qui la rend si reconnaissable.
Ce parti pris a fixé le ton de toute la série : chaque souffle aurait sa propre image, tirée de l’art japonais ou de son élément. Notre page sur toutes les respirations de Demon Slayer les passe en revue, et notre portrait de Giyu Tomioka, le Pilier de l’Eau présente le maître de ce souffle.
Giyu porte justement sa vague jusque sur votre étagère : sur sa figurine de 17 cm, une vague bleue translucide s’enroule sous ses pieds et laisse passer la lumière. Elle vous attend dans la collection Giyu Tomioka au complet et dans la collection de toutes les figurines.

Figurine Tomioka 17 cm
Sabre tenu bas, haori bicolore rejeté en arrière, Giyu avance sur une vague bleue translucide aux crêtes blanches.
Voir le produit · 79,90 €L’épisode 19, la nuit où tout a basculé
Le 10 août 2019, le Japon découvre l’épisode 19 de Demon Slayer, intitulé « Hinokami ». Au mont Natagumo, Tanjiro est piégé par les fils de Rui. Il se souvient de la danse que son père exécutait chaque nouvel an, et sa lame prend feu. Au même moment, Nezuko se réveille et embrase les fils avec son sang.
Le passage du Souffle de l’Eau, bleu et graphique, aux flammes de la danse du dieu du feu, orange et presque vivantes, se fait sous les yeux du spectateur, porté par la chanson Kamado Tanjirô no Uta. Le lendemain, l’épisode faisait parler bien au-delà du Japon.
Les fans ont tranché quelques mois plus tard : aux Crunchyroll Anime Awards de février 2020, Demon Slayer est élu anime de l’année, et le combat de Tanjiro et Nezuko contre Rui reçoit le prix de la meilleure scène de combat. Notre article sur la danse du dieu du feu explique la technique, et celui sur Rui et la famille araignée raconte le démon que Tanjiro affronte cette nuit-là.
Meilleure scène de combat
Le duel de Tanjiro et Nezuko contre Rui, dans l’épisode 19, a été élu meilleure scène de combat aux Crunchyroll Anime Awards 2020.
Décors, 3D et maisons qui tournent
Derrière les personnages, les décors de Demon Slayer sont peints avec un soin qui se voit dans chaque plan : forêts de bambous sous la neige, glycines en fleur, ruelles éclairées de lanternes. Ils situent l’histoire dans le Japon de l’ère Taishô, au début du vingtième siècle, entre villages de montagne et premières lampes électriques.
La 3D intervient là où le dessin seul aurait du mal. Dans la maison de Kyogai, chaque coup de tambour fait pivoter les pièces, et la caméra tourne avec elles, personnages compris. Dans le Train de l’Infini, les wagons filent dans la nuit sans que leurs perspectives ne bougent d’un trait. Et la Forteresse infinie, avec ses étages qui se déplacent au son du biwa de Nakime, s’appuie largement sur des décors en volume.
Le principe reste le même : la 3D sert de squelette, puis le dessin et le compositing la recouvrent pour qu’elle ne se voie pas. Notre article sur Kyogai, le démon au tambour raconte l’histoire de cet écrivain raté devenu démon, et celui sur la Forteresse infinie, partie 1 montre ce que le studio a fait de la forteresse.
Un effet par souffle, de la brume aux flammes
Après l’eau et le feu, chaque nouveau personnage a apporté son propre effet. La foudre de Zenitsu claque en éclairs jaunes qui découpent l’écran. Les flammes de Rengoku montent en colonnes dorées. Le Souffle de l’Amour de Mitsuri ondule comme un ruban, et le Souffle du Son de Tengen explose en feux d’artifice.
La brume de Muichiro est peut-être la plus délicate. Dans le Village des forgerons, elle enveloppe le garçon de voiles turquoise qui brouillent la vue de l’adversaire, et son septième mouvement, qu’il a inventé seul, fait danser la brume comme un nuage. La même saison montre aussi la marque qui apparaît sur son visage quand il retrouve la mémoire.
Notre portrait de Muichiro Tokito, le Pilier de la Brume raconte ce réveil. Et pour garder cette brume au mur, notre poster de Muichiro est rangé dans la collection des posters et la collection Muichiro Tokito au complet.

Poster Muichiro dans la brume
Toile de coton en dix formats, Muichiro fend une brume turquoise, sabre levé, cheveux aux pointes vertes soulevés.
Voir le produit · à partir de 14,90 €L’équipe derrière la série
Quelques noms reviennent à chaque saison. Haruo Sotozaki réalise la série depuis le premier épisode, et les films avec elle. Akira Matsushima signe le design des personnages : c’est lui qui a traduit le trait de Koyoharu Gotouge en dessins capables de bouger sans perdre leur caractère. Yûichi Terao dirige le compositing, et Yuki Kajiura et Go Shiina composent la musique.
Cette stabilité compte autant que la technique. D’un arc à l’autre, Tanjiro garde le même visage, les combats gardent la même grammaire, et le spectateur n’a jamais l’impression de changer de série. Notre article sur les génériques de Demon Slayer présente les voix et les musiques qui accompagnent ces images.
La fidélité au manga fait aussi partie du travail. Le studio ajoute des scènes, prolonge des combats, développe des souvenirs que le manga ne fait qu’effleurer. Notre article sur les différences entre l’anime et le manga les recense une par une.
Tokushima, Machi Asobi et les cafés du studio
ufotable ne se contente pas de produire. Depuis octobre 2009, le studio organise à Tokushima un festival d’animation, Machi Asobi, avec l’office du tourisme de la ville. Il a lieu deux fois par an, au printemps et à l’automne, et Demon Slayer y a déjà eu sa place.
Le studio tient aussi des cafés à son nom, les ufotable Cafe, où ses séries ont régulièrement droit à leurs menus et à leurs décorations. Pour un fan qui voyage au Japon, c’est l’occasion de voir de près l’univers du studio, loin de l’écran.
Ce lien avec Tokushima n’est pas un détail. Une ville moyenne de Shikoku est devenue, grâce à un studio, l’un des lieux où l’animation japonaise se fête chaque année. Pour découvrir le reste de l’histoire et de ses personnages, notre page sur l’univers de Demon Slayer en un coup d’œil reprend tout depuis le début.
