En bref
Les boucles d’oreilles hanafuda de Tanjiro sont deux plaques au motif de soleil, héritées de son père Tanjuro. Leur origine remonte à Akeno Tsugikuni, qui les avait fabriquées comme amulettes pour son fils Yoriichi, que la famille croyait sourd. Yoriichi les a données au charbonnier Sumiyoshi, et les Kamado se les transmettent depuis de père en fils. Muzan les reconnaît au premier regard dans Demon Slayer, et cette seconde-là lance toute la traque.
Au sommaire
Il existe peu d’objets, dans Demon Slayer, qui déclenchent autant d’événements que ces deux petites cartes accrochées aux oreilles d’un garçon. Le premier démon croise un vendeur de charbon dans une rue d’Asakusa, voit ce motif, et lâche ce qu’il était en train de faire pour envoyer deux démons à ses trousses.
Ce que portent les Kamado n’est pas un bijou décoratif. C’est une amulette fabriquée par une mère de l’ère Sengoku, passée de main en main pendant quatre siècles, et le signe de reconnaissance du seul homme qui ait jamais fait reculer Muzan. Cet article remonte cette chaîne, du jeu de cartes qui donne son nom au motif jusqu’à ce que l’objet raconte du personnage. Notre page sur le héros de Demon Slayer en entier ouvre cette branche.
Que sont ces boucles d’oreilles ?
| Fiche | Détail |
|---|---|
| Nom japonais | 花札 (hanafuda), les cartes de fleurs |
| Motif | un disque solaire et ses rayons sur fond clair |
| Fabriquée par | Akeno Tsugikuni, mère de Yoriichi et de Michikatsu |
| Fonction d’origine | une amulette de prière, pas une parure |
| Premier porteur | Yoriichi Tsugikuni |
| Deuxième porteur | Sumiyoshi, charbonnier de l’ère Sengoku |
| Porteur dans le récit | Tanjiro Kamado, après son père Tanjuro |
| Port | une à chaque oreille, du premier au dernier chapitre |
Le mot hanafuda désigne un jeu de cartes japonais aux motifs de fleurs et de saisons, apparu au dix-huitième siècle. Les cartes sont petites, épaisses, et les plus connues montrent une lune ou un soleil posé sur un fond coloré.
Les boucles de Demon Slayer reprennent cette forme de carte. Deux rectangles de taille identique, un disque rouge en haut, des rayons qui descendent sur un fond pâle, et une attache simple.
Tanjiro les porte aux deux oreilles, et elles le suivent dans chaque combat du récit. Elles ne le quittent pas du premier au dernier chapitre, alors que ses sabres cassent les uns après les autres.
Une carte, pas un bijou
Le motif reprend la forme d’une carte de hanafuda, un jeu japonais du dix-huitième siècle. L’objet d’origine était une amulette de prière.
Vous pouvez aussi porter le motif hors du récit, avec les boucles d’oreilles de la boutique et le rayon de tous les bijoux de la série.

Boucles hanafuda verte
Deux plaques d’acrylique au disque rouge sur fond vert sombre, montées sur des tiges de métal.
Voir le produit · 14,90 €Le hanafuda, le jeu de cartes derrière le motif
Le motif a une existence réelle en dehors de Demon Slayer, et il vaut la peine d’être expliqué. Un jeu de hanafuda compte quarante-huit cartes réparties en douze familles de quatre, une famille par mois de l’année, chacune représentée par une plante de saison.
Janvier porte le pin, février le prunier, mars le cerisier, août les herbes hautes, novembre le saule. Dans chaque famille, une carte vaut plus que les autres, et ce sont ces cartes-là qui portent les motifs connus : la grue, le rideau de fête, la pleine lune.
Deux de ces cartes montrent un disque rouge ou pâle posé sur un fond coloré, lu comme un soleil dans une famille et comme une lune dans une autre. C’est cette composition que reprennent les boucles d’oreilles de la série, avec des rayons ajoutés autour du disque.
Les cartes sont petites, épaisses, cartonnées, et se tiennent dans une main. Elles servent à des jeux de combinaisons, le plus connu étant le koi-koi, où deux joueurs assemblent les familles pour marquer des points.
Le jeu est toujours vendu au Japon, et la société qui l’a popularisé au dix-neuvième siècle fabrique aujourd’hui des consoles de jeu. Le choix de ce motif par l’auteur place donc le héros dans une culture populaire ordinaire, pas dans un symbolisme inventé pour l’occasion.
Quarante-huit cartes, douze mois
Un jeu de hanafuda compte quarante-huit cartes réparties en douze familles, une par mois, chacune portant une plante de saison.
Akeno Tsugikuni, celle qui les a fabriquées
L’origine des boucles remonte bien avant le récit de Demon Slayer, à une mère de l’ère Sengoku. Akeno Tsugikuni met au monde deux fils, Michikatsu et Yoriichi, et le second ne parle pas.
La famille le tient pour sourd. Son père le traite comme un enfant de peu de valeur, sa mère s’inquiète, et elle fabrique deux amulettes en forme de cartes hanafuda qu’elle lui accroche à l’oreille, en priant le dieu du soleil de lui rendre l’ouïe.
Le garçon entendait. Il n’avait simplement jamais parlé, et il ouvre la bouche pour la première fois à sept ans, devant son frère aîné qui en reste stupéfait. Il s’excuse plus tard auprès de sa mère de l’inquiétude que ses oreilles lui ont donnée.
Akeno était une femme de foi profonde, qui priait chaque jour pour que la violence quitte le monde, dans une époque de guerre permanente. Elle meurt d’une maladie qui lui prend le corps morceau par morceau, et son fils, qui voyait cette maladie avec le monde transparent, la soutenait du côté gauche sans rien dire.
Ce détail a des conséquences sur toute la série. Le frère aîné prend d’abord ce geste pour celui d’un enfant accroché à sa mère, découvre la vérité dans le journal d’Akeno, et sa pitié tourne à une jalousie qui finit par faire de lui un démon. Notre article sur Kokushibo, la Première Lune supérieure raconte ce basculement.
Une prière au dieu du soleil
Akeno Tsugikuni a fabriqué ces amulettes en priant le dieu du soleil de guérir la surdité de son fils. Le fils en question n’était pas sourd.
De Yoriichi à Sumiyoshi, le passage de main
Yoriichi Tsugikuni porte ces boucles toute sa vie, y compris le soir où il taille Muzan en pièces et manque de le tuer. Il finit chassé de l’armée, et retrouve un charbonnier nommé Sumiyoshi, qu’il avait sauvé d’un démon avec sa femme Suyako.
Leur dernière rencontre tient quelques pages dans Demon Slayer, et c’est l’une des plus importantes du manga. Le sabreur raconte sa vie, dit qu’elle n’a servi à rien, puis exécute ses formes à la demande de Suyako, sous les yeux des enfants de la maison.
Sumiyoshi lui répond le contraire, et promet de garder ses mouvements et ses boucles d’oreilles dans sa descendance. Yoriichi lui remet les amulettes de sa mère, le remercie, sourit, et ne revient plus.
La promesse est tenue à la lettre pendant quatre siècles, par des gens qui ne savent plus pourquoi. Notre article sur Yoriichi Tsugikuni et son frère aîné détaille la vie du premier porteur, et notre article sur la danse du dieu du feu et ses douze mouvements suit l’autre moitié de l’héritage.
Deux legs, une seule promesse
Sumiyoshi reçoit la danse et les boucles d’oreilles le même soir. Les deux traversent quatre siècles de charbonniers ensemble.
Le premier porteur a son propre rayon dans la boutique, la collection Yoriichi Tsugikuni au complet.

Figurine Yoriichi 30 cm
Le premier porteur des amulettes, haori rouge jeté sur les épaules et lame pointée vers le sol.
Voir le produit · 79,90 €Le rite de passage des Kamado
Chez les Kamado de Demon Slayer, les boucles d’oreilles ne se portent pas n’importe quand. Elles passent du père au fils aîné, avec la danse, comme un rite qui marque le moment où le garçon devient le responsable de la maison.
Tanjuro Kamado les portait de son vivant, à l’oreille, exactement comme son fils ensuite. Les deux hommes se ressemblent assez pour que les lecteurs confondent les deux silhouettes dans les retours en arrière.
À la mort du père, Tanjiro hérite de l’ensemble : les boucles, la danse, le métier du charbon et six personnes à nourrir. Il est encore un enfant. Notre article sur la famille Kamado et ses sept membres revient sur cette maison.
Le détail qui serre le cœur arrive plus tard. Personne dans la lignée ne savait ce qu’il transmettait : pour les Kamado, ces deux cartes étaient un porte-bonheur de famille, rien de plus.
Du père au fils aîné
Les boucles passent au fils aîné avec la danse du dieu du feu. Tanjiro les reçoit enfant, à la mort de son père.
Vous pouvez aussi porter la carte autour du cou, parmi les colliers de la boutique, et la collection Tanjiro Kamado au complet réunit le reste de sa tenue, tenues de cosplay de la série comprises.

Collier hanafuda bordeaux
La carte en pendentif, disque bordeaux, rayons noirs très fins et colline bleu pâle, sur une chaîne fine.
Voir le produit · 12,90 €Que voit Muzan à Asakusa ?
La scène la plus importante de l’objet dans Demon Slayer se joue dans une rue illuminée. Tanjiro arrive à Asakusa, repère une odeur de démon dans la foule, et tombe sur un homme élégant qui promène une femme et une petite fille.
Muzan Kibutsuji le voit, et son regard s’arrête sur l’oreille du garçon. Le récit montre un tremblement, une seconde de panique chez un être qui n’a peur de rien depuis mille ans.
La raison est dans son passé. Les entailles que Yoriichi lui a laissées ne se sont jamais refermées et le brûlent encore quatre siècles plus tard, et ce motif de carte est le seul signe au monde qui annonce ce sabreur.
Sa réaction est immédiate. Il change un passant en démon pour créer une diversion, disparaît, et lance deux démons à sorts sur la piste du garçon, comme le raconte notre article sur Susamaru et Yahaba, les démons d’Asakusa.
Le garçon, lui, ne comprend rien à ce qui se passe. Il reconnaît l’odeur qui flottait dans sa maison le jour du massacre, attrape l’homme par l’épaule au milieu de la foule, et reste figé devant la femme et l’enfant qui l’accompagnent. Il n’apprendra le rôle de ses boucles d’oreilles dans Demon Slayer que des dizaines de combats plus tard.
Tout le reste du récit découle de cette seconde. Notre article sur Muzan Kibutsuji, le premier démon détaille cette obsession, et notre page sur les démons de la série et leur hiérarchie présente ceux qu’il envoie.
Une seconde dans une rue
Muzan voit les boucles d’oreilles à Asakusa et tremble. Toute la traque de Tanjiro part de ce regard.
Le motif modifié dans certaines diffusions
Un point tient à la production de l’anime plutôt qu’au récit. Le motif de soleil levant des boucles a été redessiné pour plusieurs diffusions asiatiques de la série, le disque et ses rayons laissant place à un dessin neutre.
La raison tenait à la ressemblance entre ce motif et un drapeau militaire japonais historique, mal reçu dans certains pays voisins. Les versions concernées montrent donc des boucles sans rayons.
La version d’origine garde les rayons, et c’est celle que reprennent les produits dérivés de Demon Slayer dans la plupart des pays. Les deux variantes circulent, ce qui explique les différences entre deux objets pourtant vendus pour le même personnage.
Le manga d’origine n’a pas été retouché, et les tomes vendus en France montrent le motif complet. La différence ne concerne que certaines versions animées, ce qui crée des écarts entre deux captures d’écran de la même scène selon le pays de diffusion.
Le point reste discret dans le récit, puisque aucun dialogue n’y fait référence. Il explique en revanche pourquoi les visuels promotionnels de Demon Slayer ne montrent pas toujours les mêmes boucles d’oreilles.
Deux versions en circulation
Le motif à rayons a été redessiné pour plusieurs diffusions asiatiques. Les deux variantes circulent, le manga d’origine gardant la première.
Ce que l’objet dit du personnage
Les boucles d’oreilles servent de fil dans Demon Slayer, au même titre que le flair du héros. Elles signalent un héritage que Tanjiro ignore, le relient à la seule menace que Muzan ait connue, et lui valent d’être traqué avant même son premier combat.
Elles racontent aussi une continuité de gestes plutôt que de sang. La mère qui prie, le fils qui entend, le charbonnier qui promet, des générations de pères qui transmettent sans comprendre, et un garçon de quinze ans qui finit le travail.
Le contraste avec le reste de l’armement de la série est net. Les pourfendeurs portent un uniforme, un sabre forgé pour eux et parfois un masque, tous fabriqués par l’institution qui les emploie. Tanjiro porte en plus deux objets qui ne viennent pas d’elle.
Cette provenance privée compte dans le dernier tiers du récit. Quand le garçon reçoit les souvenirs de son ancêtre, il reconnaît le visage de Yoriichi grâce à ce qu’il a au lobe, et comprend que sa famille a gardé quatre siècles ce que l’armée entière avait perdu.
Le reste du matériel du personnage suit le même principe, comme la couleur de sa lame, détaillée dans notre article sur la couleur noire du sabre de Tanjiro, ou les armes de l’armée que présente notre page sur les sabres Nichirin et leurs couleurs.
Un héritage sans mode d’emploi
Les Kamado ont transmis une amulette pendant quatre cents ans sans savoir qu’elle désignait le meilleur sabreur de l’histoire.
